L’Usage du langage – p. 47-98

Au début du roman, Flaubert présente deux rapports distincts au langage qui se manifestent en personnages : Charles et Emma. Je ne m’intéresse pas à distinguer entre le langage écrit et le langage parlé ; les deux se confondent à cause du style de Flaubert de toute façon. Il mêle le langage d’un narrateur indistinct et ce des autres personnages. Il me semble réducteur de scinder définitivement les deux formes du langage en parlant du roman. Néanmoins, Flaubert paraît faire une distinction entre le langage et le langage poétique. La prose peut être également poétique, donc je distingue ici entre le langage courant et un langage plus malin, plus subversif, plus complexe.

Charles montre une faiblesse au niveau de lecture et d’écriture au fil du texte. Ce n’est pas à dire qu’il ne peut pas communiquer mais qu’il y a un aspect manquant à son usage du langage. Il est inepte quant au sous-texte et aux nuances du langage. Il ne peut reconnaître ni les sous-entendus ni les motifs (je pense ici à la scène avec le chapeau). Charles ne peut pas voir le langage dans toute sa profondeur. Il pense d’une manière plutôt fonctionnelle. Charles est un personnage plutôt méthodique et médiocre. Il ne fait que ce qu’il faut faire. Son rapport aux vêtements est pareil comme ses bottes laids (93) ; Son langage fonctionne donc au minimum et il est peu capable de reconnaître les usages poétiques du langage des autres personnages, c’est-à-dire des jeux de mots et les sous-entendus.

Emma, cependant, se concentre principalement sur la poésie du langage. Emma a la tendance de réfléchir trop à son usage. Cette tendance lui cause de s’ennuyer facilement et de faire les extrapolations. Le langage poétique peut être décevant, mais il possède un aspect séduisant aussi. Elle se laisse focaliser sur les apparences des choses, une caractéristique d’Emma qui se voit clairement dans sa fascination avec la richesse matérielle. L’usage poétique permet au langage de fonctionner aux niveaux multiples en même temps. Emma s’intéresse aux apparences, des beaux vêtements, des décors, etc. Le langage poétique permet aussi de créer de la nouveauté dont rêve Emma. Les romans qu’elle aime sont répétitifs (87), bien qu’ils soient dramatiques ; donc l’intérêt d’Emma pourrait venir du style des romans et non pas au contenu.

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